Dans un monde du travail, toujours plus perfectionné et toujours plus exigeant en terme de qualité et de productivité, la sécurité et la santé au travail (SST) sont des piliers fondamentaux pour le bien-être des travailleurs et la performance des entreprises. Cependant, la situation des indicateurs épidémiologiques de SST reste préoccupante dans le monde. En effet, les statistiques de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) estiment que près de trois millions de travailleurs décèdent chaque année du fait de leur travail dont 2,6 millions dus aux maladies professionnelles, et 330.000 consécutifs aux accidents du travail, soit une augmentation de plus de 5% par rapport à 2015 , en plus des 395 millions de travailleurs victimes d’accidents du travail non mortels chaque année.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime à plus de 160 millions le nombre de nouveaux cas de maladies liées au travail chaque année, entraînant des coûts humains et économiques considérables. L’agriculture, la construction, la foresterie, la pêche et l’industrie manufacturière sont les secteurs les plus dangereux, avec 200 000 décès par an, soit 63 % de l’ensemble des accidents du travail mortels. Il est admis qu’un accident du travail mortel sur trois dans le monde se produit parmi les travailleurs agricoles, indique le rapport de l’OIT (A call for safer and healthier working environnements). Pour stimuler les efforts mondiaux visant à garantir un environnement de travail sûr et sain, l’OIT a introduit un nouveau plan, la Stratégie mondiale sur la sécurité et la santé au travail pour 2024-2030 avec pour objectif de donner la priorité à la santé des travailleurs, conformément à l’engagement de l’OIT en faveur de la justice sociale et de la promotion du travail décent dans le monde entier.

Dans les pays en développement au Sud du Sahara, la mise en œuvre effective des politiques et pratiques de SST se heurte à des contraintes significatives liées aux faibles ressources. Ces contraintes peuvent être d’ordre financier, humain, matériel, technologique ou institutionnel. Contrairement aux pays du Nord, on estime que les risques générateurs de mauvaise santé sont 10 à 20 fois plus élevés dans les pays en développement, et que moins de 10 % des travailleurs ont accès à des services de médecine du travail. Cette situation est exacerbée par la prédominance des activités informelles, des petites et moyennes entreprises (PME/PMI), où les capacités de mise en œuvre de la SST sont souvent très limitées.

En dépit de ces défis, il est impératif de trouver des solutions innovantes et adaptées pour garantir un environnement de travail sûr et sain pour tous, c’est dans ce contexte que la société Camerounaise de Sécurité et Santé au Travail (SCSST) a choisi comme thème de son 5ème Congrès Scientifique :« La pratique de la sécurité et santé au travail en contexte de faibles ressources ». Par ce thème évocateur, la SCSST entend réunir les intervenants en santé au travail, des experts, des chercheurs, des praticiens, des décideurs politiques, des représentants d’entreprises des organisations syndicales des travailleurs et patronales pour partager des connaissances, des expériences et des meilleures pratiques sur la SST en contexte de faibles ressources.

Ce congrès offrira une plateforme unique pour discuter des stratégies efficaces, des outils pratiques et des approches innovantes permettant de surmonter les obstacles et de promouvoir une culture de SST durable, contribuant ainsi à réduire le fardeau des accidents et maladies professionnelles. 

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